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Post-match · Serie A 2026/27 · Match analysis

Inter–Napoli 3-2 : le problème commence après la récupération.

Le Napoli mène 0-2 et parvient aussi à limiter de nombreux accès axiaux de l’Inter. Puis le match change : la pression nerazzurra augmente, le bloc napolitain recule et, surtout, presque chaque récupération rend trop vite le ballon à l’Inter. La remontée naît là, avant même les trois buts.

Pressing · première vs deuxième mi-temps
Comparaison du PPDA et de l’intensité du pressing de l’Inter et du Napoli entre la première et la seconde période.
En seconde période, le PPDA de l’Inter passe de 11,83 à 5,86, tandis que celui du Napoli grimpe de 14,45 à 39,50. Après la pause, le rapport des deux équipes à la pression change complètement.

Quatre chiffres pour lire le 3-2.

39,50PPDA du Napoli en 2e MT · 14,45 en 1re MT
12,1 mbloc du Napoli dans une phase représentative de la seconde période
70%transitions du Napoli terminées par une nouvelle perte
10/38centres de l’Inter qui débouchent sur une frappe
Avant le matchRelire le pre-match : fermer l’axe sans renoncer à attaquer →

Inter–Napoli se termine sur un 3-2, mais le score seul risque de raconter le match de la manière la plus simple : le Napoli mène de deux buts, l’Inter augmente la pression et renverse la rencontre dans le final.

Les données racontent quelque chose de plus intéressant.

Le Napoli ne perd pas parce que tout ce qu’il avait préparé cesse soudainement de fonctionner. Pendant une grande partie du match, il réussit réellement l’un des objectifs identifiés avant la rencontre : protéger l’axe et orienter la progression de l’Inter vers l’extérieur.

Le problème vient ensuite.

Quand il récupère le ballon, le Napoli ne parvient trop souvent pas à transformer cette récupération en pause, en possession stable ou en attaque capable de forcer l’Inter à courir vers son propre but.

L’attaque nerazzurra se termine, mais le match ne change pas réellement de zone. Quelques secondes plus tard, elle peut recommencer.

Le tableau général aide à comprendre le poids territorial de l’Inter : 63 % de possession, 29 tirs contre 16, 56 touches dans la surface contre 22 et 3,19 xG contre 2,24.

Cela ne signifie pas que le Napoli est dominé dans toutes les phases. Au contraire. Entre la 50e et la 53e minute, il exploite parfaitement une fenêtre du match : Politano inscrit le 0-1, Højlund le 0-2 seulement trois minutes plus tard.

Le problème n’est pas de mener 0-2. C’est de transformer cet avantage en contrôle.

Le pressing change le match

Avant la pause, l’écart entre les deux équipes dans la pression n’est pas encore extrême.

L’Inter termine la première période avec un PPDA de 11,83, le Napoli avec 14,45. En termes simples, les deux équipes parviennent encore à perturber la construction adverse avec une certaine continuité.

Après la pause, les trajectoires se séparent.

Le PPDA de l’Inter descend à 5,86 : elle laisse beaucoup moins de passes avant d’intervenir. Celui du Napoli grimpe jusqu’à 39,50.

Entre la 45e et la 60e minute, l’Inter enregistre 13,8 actions de pression pour 100 passes du Napoli, contre seulement 1,8 pour le Napoli. Entre la 60e et la 75e, l’Inter reste à 12,9 tandis que, dans l’échantillon observé, le Napoli disparaît pratiquement du pressing haut.

Il ne s’agit pas simplement d’une équipe qui attaque davantage et d’une autre qui défend davantage. Progressivement, l’Inter commence à décider où débutera l’action suivante.

Quand le Napoli essaie de ressortir, le ballon revient trop vite de l’autre côté.

Le Napoli recule. Mais la hauteur n’est pas le seul problème

La structure défensive rend visible ce que le PPDA suggère déjà.

Dans l’une des phases les plus stables de la seconde période, le bloc du Napoli est mesuré à environ 12 mètres de son propre but.

Ce n’est pas la position moyenne sur les 45 minutes, mais la photographie d’une phase cohérente du match. Elle montre néanmoins très bien le moment où le Napoli se retrouve le plus bas.

Défendre bas n’est pas, en soi, une erreur. Un bloc bas peut fonctionner s’il reste compact et si, après récupération, il parvient régulièrement à remonter.

C’est là que le match devient difficile à soutenir.

Les sorties du Napoli sont trop courtes. Le bloc n’a pas le temps de remonter et chaque nouvelle perte ramène rapidement l’équipe dans la même zone.

L’Inter peut alors accumuler les attaques et la présence offensive sans être obligée de défendre régulièrement de grands espaces dans son dos.

Le Napoli ne perd pas simplement parce qu’il défend bas. Il perd parce qu’il ne parvient pas assez souvent à éloigner le match de sa propre surface.

Entre la 78e et la 79e minute, alors que le score est encore de 2-1, le final prend aussi une forme tactique plus nette : l’Inter passe en 4-4-2 et le Napoli en 5-4-1. L’Inter ajoute du poids offensif, tandis que le Napoli concentre encore davantage de joueurs près de sa surface. Ce n’est pas à lui seul la cause de la remontée, mais cela rend encore plus difficile la remontée du bloc et le soulagement de la pression.

Carte de la structure défensive du Napoli en seconde période, avec un bloc très proche de sa propre surface.
Dans une phase représentative de la seconde période, le bloc du Napoli descend à environ 12 mètres de son propre but. La donnée ne décrit pas toute la mi-temps, mais montre bien à quel point le Napoli finit par défendre près de sa surface.

Une partie du plan fonctionne réellement

Avant le match, l’une des questions était très précise : par où l’Inter entrerait-elle dans le dernier tiers ?

La réponse du terrain n’est pas négative pour le Napoli.

L’Inter produit 58 entrées dans le dernier tiers, mais seulement 6 passent par le couloir axial : 10 %.

Les autres sont très fortement concentrées sur les côtés : 32 à gauche et 20 à droite.

Le Napoli parvient donc réellement à retirer une partie importante du terrain à l’Inter.

C’était aussi l’un des comportements observés lors des deux derbies remportés par le Milan d’Allegri la saison précédente : pas forcément empêcher toute progression de l’Inter, mais essayer de décider par où elle peut avancer.

Il serait donc trop simple de dire que le plan n’a pas fonctionné. La première étape fonctionne. C’est ce qui vient ensuite qui devient décisif.

Fermer l’axe n’a de valeur que si ce qui est concédé à l’extérieur reste défendable.
Répartition des entrées de l’Inter dans le dernier tiers : forte présence sur les côtés et seulement six accès axiaux.
Seulement 6 des 58 entrées de l’Inter dans le dernier tiers passent par l’axe. Le Napoli protège le couloir intérieur, mais l’Inter trouve malgré tout un volume très élevé sur les côtés.

Cette fois, les centres ne sont pas inoffensifs

C’est probablement la comparaison la plus nette avec le pre-match.

Dans le derby contre le Milan utilisé comme référence, l’Inter avait produit 31 centres. Le volume était élevé, mais seulement 16 % permettaient de poursuivre l’action et à peine 6 % débouchaient sur une frappe.

Face au Napoli, le total passe à 38 centres. Mais surtout, ce qui se passe ensuite change.

13 centres sur 38 permettent à l’Inter de conserver le ballon ou de poursuivre l’attaque.

10 sur 38 débouchent sur une frappe.

Cette fois, le ballon venu du côté produit beaucoup plus de jeu après le centre.

Certaines trajectoires sont particulièrement efficaces : les centres profonds depuis la droite vers l’axe produisent souvent une frappe, tout comme ceux préparés depuis des positions plus hautes à gauche.

Et le joueur qui centre le plus n’est pas Dimarco, mais Barella, avec 6 tentatives.

C’est important, car le Napoli ne doit pas défendre un seul centreur. Il doit défendre un système capable d’atteindre la même zone avec des joueurs et des circuits différents.

Le Napoli ferme l’axe de la progression. L’Inter parvient à le rouvrir plus haut grâce aux centres, à l’occupation de la surface et aux deuxièmes ballons.

Profil des centres de l’Inter : 38 tentatives, 13 continuations de possession et 10 frappes générées.
L’Inter produit 38 centres : 13 permettent de poursuivre l’action et 10 débouchent sur une frappe. Par rapport aux références analysées dans le pre-match, le volume sur les côtés est cette fois beaucoup plus productif.

Le problème commence après la récupération

C’est probablement ici qu’apparaît le chiffre le plus important du match.

Le Napoli enregistre 67 transitions offensives.

Seulement 28, soit 42 %, atteignent au moins la moitié de terrain de l’Inter. 16 atteignent le dernier tiers. 6 entrent dans la surface. Seulement 4 produisent une frappe.

Mais surtout :

47 transitions sur 67, soit 70 %, se terminent par une nouvelle perte du ballon.

Seulement 9, soit 13 %, deviennent une possession stable.

L’Inter présente un profil presque opposé. Sur 97 transitions, elle atteint la moitié de terrain adverse dans 69 % des cas, le dernier tiers dans 51 % et parvient à stabiliser la possession dans 32 % des séquences.

Cette différence explique pourquoi la pression peut devenir continue.

Quand le Napoli récupère, la séquence se termine trop souvent avant d’avoir réellement changé la géographie du match. Quand l’Inter récupère, elle parvient beaucoup plus souvent à avancer ou à stabiliser le ballon dans la moitié de terrain napolitaine.

L’Inter n’a pas seulement plus d’attaques. Elle a davantage d’occasions d’attaquer à nouveau.
Comparaison des transitions offensives de l’Inter et du Napoli et de leurs issues après récupération.
70 % des transitions offensives du Napoli se terminent par une nouvelle perte du ballon ; seulement 13 % deviennent une possession stable. L’Inter stabilise au contraire 32 % de ses séquences.

C’est ici que De Bruyne entre lui aussi dans le récit. Face au Como, le Belge avait changé le rythme parce que le Napoli parvenait à lui transmettre le ballon avec une certaine continuité : en un peu plus d’une demi-heure, il avait tenté 28 passes et produit 4 passes clés.

À San Siro, il entre à la 62e minute mais termine avec seulement 10 passes tentées, 8 réussies, 2 progressives et une seule passe clé.

La carte suggère pourtant que le problème n’est pas la zone occupée. De Bruyne parvient à se positionner dans un espace intérieur et avancé, entre les lignes, depuis lequel il aurait pu accélérer l’action et attaquer la structure de l’Inter par la dernière passe.

Le Napoli le trouve toutefois trop peu. La difficulté à stabiliser la possession après récupération réduit aussi le nombre de fois où le ballon atteint cette zone. Plus qu’un problème de dernière passe, c’est un problème d’accès à la passe précédente.

Comparaison des cartes de passes de Kevin De Bruyne face à l’Inter et au Como.
De Bruyne occupe encore une zone intérieure et avancée potentiellement dangereuse, mais le Napoli le trouve trop peu. Face au Como, il avait tenté 28 passes et produit 4 passes clés ; à San Siro, il se limite à 10 passes et une seule passe clé.

Andy Diouf, l’homme que le pre-match n’avait pas anticipé

Le post-match sert aussi à montrer où le terrain ajoute quelque chose que l’analyse initiale n’avait pas prévu.

L’un des principaux noms est Andy Diouf.

Il termine avec 54 passes tentées, 47 réussies, 4 progressives et surtout 7 passes clés.

Encore plus intéressant : l’endroit où il reçoit. 47 réceptions au total, 25 dans le dernier tiers et 3 dans la surface. Plus de la moitié arrivent donc déjà en zone offensive.

C’est un détail qui rend le problème défensif du Napoli moins simple.

Le côté gauche représente une part importante de la progression de l’Inter, mais la création ne dépend ni d’un seul côté ni d’un seul joueur.

L’Inter étire le terrain puis trouve de la qualité à travers plusieurs sources. C’est l’un des éléments que le match ajoute à la lecture d’avant-match.

Le 0-2 était réel. Mais ce n’était pas du contrôle

Il faut enfin éviter une lecture rétrospective trop simple.

Le Napoli n’était pas condamné à perdre simplement parce que l’Inter termine avec davantage de possession, de tirs et de xG. Le 0-2 ne doit pas non plus être effacé parce que le score final devient 3-2.

Le Napoli avait trouvé une vraie fenêtre dans le match et l’avait exploitée avec une grande efficacité.

Et même lorsque le match semblait durablement installé près de la surface napolitaine, le résultat restait totalement ouvert.

Dans le final, Neres frappe à la 88e minute. Environ une minute plus tard, Anguissa se procure une occasion encore plus importante : le Napoli passe tout près du 2-3.

Peu après, c’est l’Inter qui marque.

Le 3-2 n’était pas inévitable. Le Napoli a réellement failli remporter un match qu’il subissait territorialement depuis plusieurs minutes.

C’est précisément ce qui aide à distinguer le résultat du contrôle.

À 0-2, il fallait surtout faire durer davantage les possessions après récupération. Forcer plus souvent l’Inter à courir vers son propre but. Déplacer le point de départ de l’action suivante.

Le Napoli n’y parvient pas avec suffisamment de continuité.

Le but décisif arrive après un corner, mais là encore la lecture doit rester prudente : l’Inter obtient 10 corners et seulement deux débouchent sur une frappe dans le développement immédiat.

Le 3-2 naît au contraire dans une phase plus tardive, après que le premier ballon a déjà été repoussé. Ce n’est donc pas la preuve d’une domination systématique sur corner.

Il s’agit plutôt de la dernière conséquence d’un match qui, à ce moment-là, se joue depuis trop longtemps près de la surface du Napoli.

Le corner est le déclencheur final. Le territoire avait été construit bien plus tôt.

Du pre-match au terrain

Quatre questions, quatre réponses

L’intérêt de la comparaison n’est pas de présenter le pre-match comme une prédiction, mais de comprendre quelles questions restent pertinentes une fois le match joué.

Avant le matchLe terrainVerdict
Par où l’Inter entrerait-elle dans le dernier tiers ?Seulement 6 entrées axiales sur 58 ; 52 viennent des côtésConfirmé
Quel type de centres l’Inter produirait-elle ?38 centres ; 13 continuations et 10 frappes généréesRisque confirmé
Combien d’espace Çalhanoğlu trouverait-il devant la surface ?Il ne débute pas ; Diouf devient la source créative inattendue avec 7 passes clésScénario modifié
Comment le Napoli changerait-il sans McTominay ?De Bruyne entre mais est trop peu trouvé ; le principal problème est de conserver le ballon après récupérationProblème structurel

La remontée naît de la répétition

Inter–Napoli laisse une leçon moins simple que le score.

Le Napoli avait correctement identifié une partie du problème : fermer l’axe, orienter l’Inter vers l’extérieur, éviter les accès trop faciles à l’intérieur du bloc.

Cette partie fonctionne.

Le match change lorsque les entrées latérales de l’Inter deviennent des centres beaucoup plus productifs et, surtout, lorsque le Napoli cesse de transformer ses récupérations en possessions capables de faire respirer l’équipe.

À partir de là, la même séquence commence à se répéter :

attaque de l’Inter → récupération du Napoli → sortie courte → nouvelle perte → nouvelle attaque de l’Inter.

Cela ne signifie pas que le résultat était écrit : les occasions de Neres et Anguissa dans le final montrent exactement le contraire.

Mais cela signifie que le Napoli laisse trop longtemps le match dans la zone où l’Inter peut continuer à lui faire mal.

La remontée naît au cœur de cette répétition.

Pas simplement parce que le Napoli défend trop près de sa surface. Mais parce que, pendant trop longtemps, il ne parvient plus à éloigner le match de cette zone.

Avant le match

Relire le pre-match.

Le premier chapitre mettait l’accent sur la protection de l’axe, la qualité des centres de l’Inter, l’espace devant la surface et le poids potentiel de De Bruyne sans McTominay.

Relire le pre-match Retour au Lab